Weekend en amoureux
Jeudi matin, je prends une bonne gorgée de café suivi d'une grande respiration...DRING!! Le téléphone retentit et je cours donc répondre. C'est ma mère au bout du fil. Elle appel pour prendre des nouvelles des enfants...
Le jeudi d'avant, la garderie de mon plus jeune nous avait appelé en début d'avant-midi parce que notre petit Dean, âgé de 4 ans, était fiévreux et se plaignait de nausées. Nous avons alors dû aller le chercher et le garder à la maison durant deux jours. Par "chance", comme dirait ma mère, mon conjoint Guillaume était en arrêt de travail toute la semaine parce que le dimanche d'avant, il s'était coupé la main au travail. Il pouvait alors m'aider avec Dean à la maison pendant que j'essayais de travailler un peu. En parallèle, dès son retour de l'école le vendredi, Logan, notre autre garçon de 7 ans, commençait à se plaindre d'avoir mal à l’œil. Alors qu'on s'occupait de Dean et s’inquiétait de son état de santé et se demandait si nous allions devoir aller aux urgences avec, le pauvre œil à Logan devenait de plus en plus rouge. Le dimanche, lorsque Dean allait finalement mieux, c'est Logan qui se plaignait toujours de son mal à l’œil et après avoir passé un appel à info santé, c'est avec lui que mon conjoint doit se rendre à l'urgence. Vers 16h30, j'apprends qu'il a une lésion dans son œil à cause d'un brillant de bricolage et qu'il doit débuter des antibiotiques tout de suite pour éviter une infection et des complications. On doit donc aller à la pharmacie, mais la seule pharmacie ouverte est à 1h de l’hôpital où est Guillaume avec Logan et elle ferme à 17h. La pharmacie nous accorde un délai pour venir chercher l'antibiotique. On souhaite alors que les choses rentrent dans l'ordre pour le lundi, car une tonne de choses à faire nous attends, comme d'habitude. De plus, nous avions prévu depuis plusieurs semaines une petite escapade en amoureux pour la fin de semaine suivante et nous n'avions absolument rien de préparé. Le lundi venu, Guillaume était encore à la maison, car il devait aller se faire enlever ses points de sutures pour sa coupure à la main. Toute la journée nous étions si nerveux d'être à nouveau appelé par la garderie ou l'école pour devoir aller chercher nos enfants. Le soir, on pensait que les choses s’arrangeait et qu'après avoir eu très peur de devoir annuler ou reporter notre escapade, nous allions vraiment pouvoir se l'offrir. En tout cas on le souhaitait de tout cœur et on gardait les doigts croisés, car il restait le risque d'avoir attrapé le virus de notre garçon et de tomber malade juste avant de partir. Le mardi, la routine reprend pour tout le monde et il y a de la lumière au bout du tunnel. Dean est à la garderie, Logan est à l'école, Guillaume est au travail et moi je peux enfin travailler sur ma vidéo que je désire publier avant notre départ pour notre week end en amoureux. Le mercredi matin, à peine je n'ai eu le temps de terminer mon déjeuner que le téléphone sonne encore. L'angoisse me prend et je suis submergée par le découragement quand la secrétaire de l'école m'annonce que Logan se plaint de maux de ventre et de nausées. Je me dit "ça y est, il a le virus, on va tous être malade et on peut dire adieu à notre fin de semaine tant attendue". Je suis dans une colère terrible. Quinze minutes après le retour de Logan à la maison, il est finalement en pleine forme et il saute sur le canapé en écoutant la télévision. Ce qui me rend encore plus en colère, car tout mon horaire est chamboulé et que cette histoire me fait perdre un temps précieux, pour rien. J'essaie de travailler malgré Logan qui fait trembler la maison en sautant et en piochant avec ses pieds, alors qu'il joue à ses jeux vidéo. Surprenamment, après avoir travaillé comme une folle et le dos et le cou tout endoloris et les yeux si fatigués que j'avais l'impression qu'ils étaient remplis de sable, je réussi à publier ma vidéo avant la nuit. Il me reste donc une journée pour tout préparer de notre escapade. Ce qui nous ramène à ce jeudi matin, après avoir pris une bonne gorgée de café suivi d'une grande respiration...quand la sonnerie du téléphone retentit...
"Comment vont les enfants? Est-ce qu'ils vont être en forme ce weekend pour venir se faire garder?" Parce que c'est chez mamie et papi que les enfants devaient se faire garder lors de notre weekend en amoureux. Je suis en train de lui dire que les choses se place, que Dean va beaucoup mieux, que Logan à moins mal à son œil, que moi et Guillaume ne sommes pas malade pour l'instant et qu'en prenant la journée pour préparer les bagages, me laver, ranger la maison, préparer notre menu de la fin de semaine pour manger dans la chambre, etc, nous devrions pouvoir partir comme prévu très tôt le vendredi matin...Quand la ligne coupe à cause d'un deuxième appel entrant. Je laisse sonner en me disant que ce n'est sûrement pas important ou qu'ils laisseront un message et continue ma conversation avec ma mère. SURSAUT!! Mon téléphone cellulaire se met à vibrer et jouer une sonnerie musicale qui fait monter l'angoisse en moi. Je vois sur l'afficheur GARDERIE! "Non!!!" C'est la garderie qui appel et il est évident que ce ne sont pas de bonnes nouvelles. En répondant, tout de suite je le sais, la gardienne à quelque chose de plate à me dire. Effectivement, Dean fait encore de la diarrhée, il a sali ses bobettes et il est blême comme draps. Je dois aller le chercher. Donc pas de douche pour moi (ça fait une semaine que je ne me suis pas lavé), la maison est dans un état de bordel avancé, aucun bagages n'est prêt, ni pour nous, ni pour les enfants, nous n'avons aucune idée de ce que nous allons manger et de ce qu'on doit acheter pour notre séjour et Dean ne peut pas retourner à la garderie avant lundi. J'arrive à la garderie et Dean vient vers moi avec un beau petit sourire malicieux. Pour sa part, il est évident que de retourner à la maison fait bien son bonheur. Comme de fait, dès le moment où je l'habille pour le ramener chez nous et toute la journée, il est en pleine forme et de très bon humeur. Il met alors la maison encore plus sans dessus dessous et moi j'essaie tant bien que mal de commencer à faire les bagages en continuant d'espérer pouvoir partir le lendemain. Lorsque Guillaume revient du travail, il panique car il est certain que notre fin de semaine tombe à l'eau, que Dean est encore malade et qu'on va devoir rester pour s'en occuper et que tout le monde va être malade aussi. Moi je suis avec les deux enfants qui se chamaille et je suis épuisée, il n'y a qu'une valise vide qui traîne par terre et un bordel à faire peur dans la maison.
Ma mère aillant pris une journée de congé pour le vendredi, dans le but de se préparer à accueillir les enfants, accepte de prendre Dean pour la journée. Logan est en pleine forme, son œil va beaucoup mieux, il part donc à l'école comme prévu. On est à préparer nos derniers bagages après s'être couché tard pour en faire le plus possible et Dean est impatient de partir chez sa mamie. Guillaume va le porter vers 8h et miraculeusement, à 9h on réussi finalement à partir.
Tous nos bagages sont dans la voiture, notre séjour est planifié presque en détails, la nouvelle playlist musicale que j'ai réussi à mettre in extremis sur mon iPod joue dans les hauts parleurs et je ne sais comment, mais nous sommes sur la route en direction de notre destination. Nous étions tellement épuisés que même une fois parti et en sachant les enfants en sécurité, nous avions de la difficulté à respirer et nous avions toujours l'impression d'avoir d'étranges gargouillis dans le ventre ou un mal de gorge qui commençait à se faire sentir. C'était presque impossible que nous ayons finalement notre fin de semaine de détente tant désirée.
En chemin, on s'arrête à une fromagerie pour s'acheter quelques bons produits. La route est belle et ensoleillée, on a de la bonne musique et tout se passe bien pour débuter notre petite sortie. On se rend d'abord au magasin IKEA que j'adore. On fait le tour, on prend en note quelques belles idées de déco, on s'arrête prendre un bon dîné et on ramasse au passage quelques petits articles intéressant. Malgré qu'on a chaud, que j'ai mal aux pieds et qu'on est toujours pas certain qu'on est en forme; on a tellement peur d'être malade qu'on s'imagine tout de sorte de symptômes, c'est bien parti pour une belle fin de semaine et on commence à se détendre un peu. Il ne manque qu'à faire une petite épicerie pour nos repas et on se rend à l'hôtel dans le but de s'y installer et ne plus y bouger de toute la fin de semaine.
En arrivant, on prend la file pour s'enregistrer et c'est une employée en formation qui nous accueil. Ça commence donc sur une note plutôt lente, mais on est de bon humeur, on est là pour se détendre, on est patient et tout va bien. Quand je donne ma carte de crédit prépayée pour faire le paiement de la chambre, elle est rejetée parce qu'il manque de l'argent. J'ai alors une bouffée de chaleur qui me donne presque un malaise. On comprend rapidement qu'ils ont pris sur la carte un dépôt supplémentaire de 100$. Ça ne fait pas mon affaire parce que j'avais transféré sur la carte seulement l'argent pour payer la chambre. Je n'avais pas prévu de débourser 100$ supplémentaire de ma poche. Même si ils allait me remettre ce dépôt à la fin de notre séjour, c'est sur ma carte de crédit qu'ils allait le remettre. Une carte que je ne peux pas utiliser pour payer la garderie ou mes autres dépenses courantes. Pour moi, c'est au final comme si je perdais 100$. Tout ça fait donc augmenter mon niveau de stress et je suis tout sauf détendue. Il faut comprendre que notre budget est très serré et qu'il avait fallu jongler pas mal pour se payer cette escapade.
On monte à notre chambre avec nos bagages et on est super fébrile, on a hâte de voir notre suite et de s'installer pour la fin de semaine. On s'attends à du gros luxe. "WOW!" La suite bruine mauve nous accueille. Dans le petit frigo à l'entrée, il y a quelques breuvages pour nous dedans et tout semble bien. J'ai hâte de voir la salle de bain avec sa douche double multi-jets et son bain à remous où je me prélasserai avec un verre de vin. "WOW!" La salle de bain...La lumière du meuble lavabo vacille, on dirait qu'elle va s'éteindre à tout moment. Ça sent bizarre, c'est surement parce que la porte était fermée, on va la laisser ouverte et ça va s'aérer. Un beau lavabo en verre...dans lequel on peut voir toute la saleté et la moisissure sous la cuve, où le trou d'évacuation d'eau. Le robinet bouge, comme le nôtre qui est brisé dans la cuisine chez nous. Il y a un long cheveux qui ne nous appartient pas dans la baignoire. Le séchoir a l'air d'avoir été traîné sur des kilomètres de roches, il est tout décapé. Mais c'est pas grave, on va faire avec, car on veut juste se détendre et en profiter et on est pas du genre à se plaindre à la moindre petite affaire. On poursuit notre tour de la chambre. On dirait que les meubles n'ont pas été replacés après le passage de la préposée au ménage. Je commence à les replacer. En s'approchant du canapé, on voit qu'il est encore plus usée que le vieux qu'on a à la maison. On dirait même que j'ai comme peur de m’asseoir dessus. Je replace le lit qui était tout croche et je découvre de vieilles graines de chips avec le sac tout chiffonné dans un coin. Maintenant je me demande si les draps sont propres, si le canapé est propre, et les coussins, et qu'est-ce que les gens avant nous on fait dans cette suite et...Tout ça met un léger froid à notre enthousiasme. Mais c'est pas grave, je vais arrêter de penser à tout ça et je suis certaine que c'est propre, même si le mobilier et la déco est un peu détérioré. C'est quand même une suite.
On défait nos valises, on se fait un petit coin bar et on se prend on petit cocktail pour débuter. On relaxe un peu et on s'installe ensuite pour manger. Ça se passe bien, on commence à se détendre. Dans la soirée on nous apporte des petits chocolats, c'est assez géniale. Puis je réalise avec Guillaume qu'on était sensé avoir un petit sac de croustilles avec les breuvages, mais qu'il n'y en avait pas. Puis on se demande qu'est-ce qu'il en est du service bonne nuit qui était inclu. Mais pas de temps à perdre avec ça pour l'instant, on veut écouter un bon petit film romantique et essayer la douche. Quelques problèmes plus tard, on réussi à écouter notre film que j'ai mis dans mon ordinateur potable et que j'ai branché sur la télévision. À la douche, tout fonctionne très bien et on commence à oublier le reste. On se couche pour une bonne nuit de sommeil sans se faire réveiller par les enfants ou tout autre bruits suspects que peut produire une vieille maison. Dans la nuit je me lève parce que j'ai trop chaud et je vais à la salle de bain pour découvrir deux gros poissons d'argent sur le tapis de bain en face de la toilette. Je les écrase avec mes pieds et je retourne me coucher avec un air perplexe. Chez nous aussi on a déjà des poissons d'argent des fois, dans notre vielle salle de bain humide pas de ventilation. Notre sommeil est perturbé par plusieurs bruits mystérieux. Finalement c'est presque comme à la maison, ce qui n'était pas le but recherché.
Au matin, on se réveille à une heure raisonnable, mais j'ai mal au dos, j'ai eu chaud toute la nuit et j'ai fais toutes sortes de cauchemars. Je suis quand même contente de me lever plus tard qu'avec les enfants à la maison et d'être dans la tranquillité. Je demande à Guillaume d'ouvrir le store. On ne voit rien. Est-ce qu'il fait tempête? Non, la fenêtre est complètement embuée et elle suinte à grosses gouttes. Même nos vieilles fenêtres toutes finies de notre maison ne font pas ça. Et il y a toutes ces moisissures dans le cadrage, et le mur qui gondole dans le coin certainement à cause d'une infiltration d'eau. Au moins il y a le journal devant notre porte. Je demande à Guillaume de nous faire un bon café. Il ne sait pas comment fonctionne le filtre, alors je vais l'aider. Il verse l'eau dedans, il en met la moitié à côté, au travers de nos fils pour brancher nos téléphones et l'ordinateur portable. Ensuite il y a trop d'eau dans le réservoir de la cafetière, alors il faut en enlever avec une petite cuillère. Il essaie de la mettre en marche, il a oublié de la brancher. Quelques minutes plus tard, on a enfin notre café...dans de petits verres en styromousse, avec du coffee mate et il goûte sérieusement pas très bon. Ça me rappelle le café qu'on se fait en camping. Mais c'est pas grave, on boit un café chaud, tranquille dans notre chambre, avec une bonne brioche de chez IKEA et on lit le journal en se détendant.
À l'heure de s'habiller et de se préparer, Guillaume essaie de faire partir la douche téléphone du bain, mais il ne sait pas comment et il est certain que rien ne marche. Il appel alors la réception qui nous envoie la maintenance. C'est un homme assez âgé qui cogne à notre porte et nous baragouine que toute fonctionne, qui faut juste remplir le bain pour que ça marche et que tout est bien correct. Finalement Guillaume se lave les cheveux dans la grosse douche que je dois lui faire fonctionner parce qu'il ne sait pas comment faire marcher juste la douche téléphone. Après je m'installe pour lire et enfin finir le roman que j'ai commencé il y a des années de cela. J'essaie de trouver une petite musique d'ambiance pendant un bon quinze minutes, j'approche la grosse chaise qui a l'air confortable devant le foyer électrique, je n’improvise un repose pieds et c'est parti. À peine j'ai commencé à lire que Guillaume m’interrompt. Je le regarde avec mes gros yeux qui disent tout et il comprend que je veux juste lire tranquille. Au bout de quelques minutes, je commence à avoir froid et je lutte contre la fatigue. Le foyer électrique ne fait pas de chaleur, il est juste décoratif. J'aurais aimé avoir un jeté ou une couverture à me mettre sur les épaules, mais la seule chose que je peux prendre c'est l'espèce de couverture décorative sur le lit qui ne m'inspire pas confiance. Je m'entoure délicatement de cette couverture en l'examinant de prêt et je me remet à ma lecture. Je succombe à la fatigue après seulement quelques pages.
Pour le dîner, on mange en continuant notre film romantique et Guillaume pleure comme une Madeleine jusqu'à la fin. On attends que nos yeux dérougissent, parce qu'on a l'air de deux junkies qui ont fumé trop de cannabis et on part en reconnaissance voir si il n'y a pas trop de monde à la piscine. À chaque fois qu'on va dans un hôtel avec une piscine, il y a toujours une équipe sportive avec des dizaines de jeunes à la piscine, qui sautent, crient et font d'énormes "splash" dans l'eau. Ils y reste pendant des heures et on ne peut pas en profiter. On savait qu'il y en avait justement qui séjournaient à l'hôtel, on les avait repéré en arrivant. À ce moment, j'avais quand même pensé à mon affaire en sachant que d'habitude, c'est après le souper que c'était le pire. Là on était en après-midi, j'espérais qu'ils soient partis pour leur "game" de hockey ou tout autre sport qu'ils peuvent bien pratiquer. Il y avait beaucoup de monde à la piscine, mais pas de groupes de jeunes qui font des bombes et monopolisent le bain tourbillon. On retourne à notre chambre, on se met en maillot et on se rend à la piscine. On se trouve deux chaises, les seules qui restent, et on s'installe. J'avais apporté mon livre pour poursuivre ma lecture. On a le soleil dans les yeux, alors on se déplace un peu. Il y a un petit groupe dans le bain tourbillon qui a l'air bien parti pour squatter là longtemps. Mais c'est pas grave, je vais lire mon livre en attendant. Je n'aime pas trop aller dans la piscine, j'y vais surtout pour le bain tourbillon, même si en vieillissant, je suis de plus en plus dédaigneuse; j'ai du mal avec les cheveux par terre et j'ai peur qu'il y en ait dans l'eau et toute sorte d'autres cochonneries...Bref, quelques minutes plus tard, deux chaises longues se libèrent, alors on les prend d'assaut. On s'assoie et on met notre sac avec nos choses dedans direct dans une grosse flaque d'eau. Maintenant qu'on est rendu, ça nous tente plus de changer encore de place. Les chaises longues ne s'ajuste pas et j'essaie de me trouver une position confortable pour lire, toujours en attendant que le bain tourbillon se libère. Plus ça va, plus ça confirme que le groupe est vraiment là pour y passer la journée, avec leurs boissons sur le bord, ils parlent ensemble, rient fort et prenne toute la place. Quand il y en a un qui sort, c'est pour faire une trempette de quelques secondes dans la piscine et il retourne dans le bain tourbillon aussitôt. Je décide qu'on y va quand même quand deux personnes du groupe finissent par sortir et s'en vont. On se doute qu'ils vont finir par revenir, mais c'est maintenant ou jamais. J'enlève une sandale et je vois les cheveux par terre, je décide de les garder pour me rendre jusqu'au bain tourbillon. L'eau est vraiment chaude, on se trouve une petite place avec des jets dans le dos qui m'empêchent de tenir en place. Le monsieur en face se tasse pour nous laisser une place qui a l'air un peu mieux. On passe un moment dans le bain tourbillon à écouter les autres personnes, qui semblaient tous bien se connaître, se raconter des histoires, parler de leur vie et faire des blagues douteuses. Finalement j'ai trop chaud alors on sort. Le monsieur me regarde et me demande si on s'en va parce qu'ils sont trop tannant...non mais...On retourne sur nos chaises longues et j'arrive à finir mon roman, c'est une véritable victoire. C'est l'heure de l'apéro, alors on remonte à notre chambre. On se remémore des souvenirs de notre voyage à Cuba d'il y a quelques années en prenant un verre et on se torture en s'imaginant sur une plage de sable blanc avec des cocktails à volonté, le soleil et la chaleur...
Après cette séance de torture, on se prépare un petit Sex on the beach qui a l'air tout droit sorti du restaurant et on va le siroter tranquille au jardin tropical de l’hôtel. Ensuite on se prépare à manger nos bonnes petites choses. On avait prévu faire revenir quelques viandes sur un petit poêle à raclette et on réalise qu'il n'y a pas de ventilateur dans la salle de bain, ni ailleurs dans la chambre. La peur que le détecteur de fumée parte en déclenchant les gicleurs automatiques me prend. On décide de se risquer quand même en faisant bien attention, mais j'ai tellement peur que j'arrête tout ça dès la première fumée que je vois et je me met à éventer avec un boitier de film DVD. Mais on allait faire cuire notre viande coûte que coûte et on a réussi en allumant par intermittence le poêle et en continuant d'éventer au rythme de la musique que j'avais mis en arrière plan.
Était ensuite venu le temps de prendre un bon bain avec un bon verre de vin. Guillaume tient à me le préparer avec pétales de roses et tout plein de mousse. Quand c'est prêt, il m'invite à y prendre place. Je me prépare, je mets en marche les remous, et là, la mousse commence à prendre de l’expansion à une vitesse angoissante et ne s'arrête pas. Je vois la catastrophe venir et j'appelle Guillaume à la rescousse. Je n'ai même pas pensé arrêter les remous. Guillaume entre dans la salle de bain, je suis nue comme un ver et nous sommes tous les deux en panique, à rire aux larmes en transportant toute la mousse dans la douche. Une fois la quantité de mousse réduite, j'embarque dans l'eau bouillante avec ma coupe de vin à côté, de la petite musique que je n'entendais pas à cause des remous et quelques pétales qui me chatouillaient à des endroits inusités de mon corps. Je pouvais relaxer presque comme je l'avais imaginé, bien confortable, la tête qui reposait sur une serviette et fermer les yeux pour ne penser à rien d'autre. Sauf à toute cette mousse qui continuait d'augmenter sans cesse et que je devais continuellement rabaisser. Il faisait si chaud que j'avais du mal à respirer et je n'avais même plus le goût de boire mon vin. Je poursuis tout de même mon moment de détente et il se termine avec un gros nuage de mousse dans mon verre de vin, que Guillaume et moi tentons d'enlever avec une cuillère et un mouchoir pour absorber le savon qui flottait sur le dessus. Je profite une seconde fois de la douche pour me rincer de toute cette mousse et quand vient le temps d'aller sous les couvertures avec mon amoureux, je vois une trace très louche sur un drap qui me refroidit complètement pour le reste de la soirée. On termine donc sur le canapé à faire un peu de lecture, moi qui boit mon vin plein de résidus de savon et si fatiguée que j'ai les yeux qui peinent à rester ouverts, et Guillaume qui s'endort dans ses livres en cognant des clous.
Le lendemain c'est déjà le temps de partir. Un dernier café, une petite brioche, un peu de lecture et on ramasse tout pour quitter et retourner chez nous, dans notre vieille maison bordélique, pleine de saleté, avec ses fenêtres toutes pourries, notre cuisine et son robinet tout brisé, notre salle de bain humide qui pu avec des poissons d'argent qui doivent se promener la nuit pendant qu'on dort et nos meubles placés tout croche et tout décrépis. 😕
Weekend en amoureux
par Evelyne Savard
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